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L'Ancien Collège des Jésuites

Souvent attribuée à Fénelon, la création du Collège de Jésuites au début du 18ème siècle est entièrement due à la volonté des échevins de la ville, soucieux de bénéficier d'un établissement où leurs enfants puissent y effectuer des études et apprendre le latin. En 1714, un contrat est conclu avec les Jésuites : la ville fournit un terrain le long des remparts ainsi que 13 000 florins pour la construction des bâtiments et une pension de 2 000 florins pour les Pères. Sous la direction du Père Joseph Le Sellier, le nouvel établissement connaît le succès : 200 élèves en 1730, et en 1760, un internat est ouvert pouvant en accueillir 80. Cette année vit le jour de Camille Desmoulins dont aucune preuve de la scolarité au Cateau n'a jamais été trouvée, ce qui n'a pas empêché en 1983 d'attribuer son nom à l'établissement.

En 1765, l'ordre des Jésuites est dissous, les bénédictins prennent le relais jusqu'en 1791, les relations étant bonnes, la présence des Jésuites est attestée jusqu'en 1773. S'en suit une période chaotique. Le pensionnat est fermé, après une occupation par une brigade de gendarmerie puis par l'armée autrichienne (1793), suivent alors une école primaire, une école centrale, une école secondaire communale, un hôpital en 1815, pour enfin voir la création d'un collège communal en 1818.

Cependant, les bâtiments ont toujours appartenu à la Ville et  les habitants tiennent à leur Collège. De cette époque troublée date la constitution d'une bibliothèque par Dom Carville, ancien bénédictin et bibliothécaire au Dépôt littéraire de Cambrai. De belles éditions du 16ème au 18ème siècle enrichissent le fonds des Jésuites, et iront par la suite constituer dans l'Hôtel de ville la première bibliothèque communale, toujours conservées par la médiathèque dans le "fonds ancien" et elles sont accessibles sur rendez-vous.

Lors de la Première Guerre mondiale, le Collège connaît des heurs tragiques, en devenant un hôpital pour les blessés de la bataille du Cateau de 26 août 1914, puis en devenant un "Lazarett" pour l'armée allemande pendant le conflit. Détruit en octobre 1918  lors de la libération de la ville, la reconstruction est achevée en 1927.

Avec l'essor de l'enseignement laïc à la fin du 19ème siècle, le Collège s'est développé en intégrant de nouvelles classes et de nouveaux bâtiments. L'internat s'ouvre au filles dans les années 1950. L'établissement devient Lycée nationalisé mixte en 1967, puis Lycée polyvalent en 1973. 

Des célébrités ont effectué leurs études au Collège : Philippe Tesson, journaliste et chroniquer, Pierre Mauroy, homme politique, ou Daniel Bernard, homme d'affaires.

La rénovation récente et la reconstruction de nouveaux bâtiments n'ont malheureusement pas épargné les derniers bâtiments des Pères Jésuites surmonté d'un petit clocheton. Le tableau représentant Fénelon qui s'y trouvait attend toujours un lieu d'accueil.