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Le Palais Fénelon - actuel musée Matisse

Le palais Fénelon, devenu Musée Matisse depuis 1982, est l'ancienne résidence secondaire des archevêques-ducs de Cambrai, seigneurs de la châtellenie du Cateau jusqu'à la Révolution (la châtellenie comprenait la ville du Cateau et les villages environnants, correspondant en gros à l'ancien canton).
Il a succédé à la forteresse primitive, d'abord en bois puis en pierres édifiée par l'évêque de Cambrai à partir de 1001 (le Château de Sainte-Marie), qui a permis la création de la ville du Cateau.

Au 16e siècle, avec Robert de Croy, il est devenu, selon le chroniqueur Guillaume Paradin, un « vray paradis de délices » avec des jardins et quatre corps de bâtiments (Beau Regard, Mon Plaisir, Mon Soulas, et Mont Déduit). Dans ses murs ont été signés les célèbres traités du Cateau-Cambrésis (2 et 3 avril 1559), mais il a complètement disparu, et au 17e siècle la « Cour-Levêque » lui succède, dont le parc est agrémenté de 3 bassins avec jet d'eau par Jacques-Théodore de Bryas.
La fonction de ce palais est d'accueillir l'archevêque et sa suite, pour son délassement, et aussi pour sa sécurité, en cas de révolte des Cambrésiens. Bien qu'il porte le nom du plus célèbre d'entre eux, Fénelon, celui-ci s'en est peu occupé, sauf pour l'entretien courant.

Léopold-Charles de Choiseul, frère du ministre de Louis XV entreprend de le reconstruire avec l'architecte Jacques-François, Blondel. Mais le vaste ensemble conçu par ce dernier n'est pas réalisé, et c'est Alexandre-Théodore Brongniart (connu pour être l'architecte de la Bourse), qui édifie un bâtiment avec deux ailes, entre cour et jardin, réalisé en « rouge-barres » (alternance de briques rouges et de pierres blanches). Le style néo-classique est très sobre, avec des pilastres et un fronton triangulaire. Un portail monumental avec 4 colonnes doriques orne l'entrée de la cour.

Choiseul meurt en 1774, et si des travaux sont poursuivis jusqu'en 1777, il ne s'agit que d'aménagements. En 1787, l'archevêque-prince de Rohan réalise encore des travaux dans le parc, mais en 1791, l'ensemble est vendu comme bien national.

Au 19ème siècle, les bâtiments, dont toute l'ornementation intérieure a disparu, sont affectés à différents usages. En 1812, on y construit la première usine textile de la ville (Ladrière, tissage de cotonnades), le palais servant de maison d'habitation pour le directeur. A la fin du 19ème siècle, l'usine est remplacée par la manufacture Lesne et comprend aussi une usine à gaz.

En 1883, la ville rachète l'ensemble pour établir une école de filles, une crèche et un marché couvert. Le jardin devient public. L'usine du palais disparaît dans un incendie en 1906, et à la place on construit une nouvelle école en briques en 1912. Elle a été conservée par le nouveau musée, et reliée par un bâtiment moderne au vieux palais : un témoignage de la longue histoire des bâtiments.

 

Source : Article de Félicien MACHELART paru dans "Jadis en Cambrésis, n° 14, décembre 1981 : Le Palais du Cateau"