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La Selle, un cours d'eau industriel
C'est au 19ème siècle que l'importance économique de la Selle s'est affirmée dans la ville : de nombreuses manufactures se développent en utilisant la force motrice de ce cours d'eau.
Le débit de la Selle est constant à toute période de l'année et ses eaux abondantes permettent le lavage de la laine et des cuirs exploités dans les tanneries. Elles alimentent aussi les teintureries et autres industries gourmandes en eau.
La rivière sert également de poubelle gratuite pour les déchets industriels et les graisses animales évacuées par les abattoirs installés dans le lit majeur de la rivière...
Jusqu’en 1835, la ville du Cateau était entourée de remparts. La Selle et son affluent, le ruisseau de Tupigny, fournissaient l'eau pour noyer les fossés qui ceinturaient les murailles.
L'eau dans la ville, c'est aussi celle que la population trouvait dans les pluies -eau de boisson et de poison, car elle était la cause de nombreuses épidémies de choléra - et les sources qui affleurent à proximité de la rivière, dans le centre de la ville. La Fontaine Rolland, rue de la République, le lavoir de la rue Chancy et le puits profond de la Brasserie historique sont encore visibles..
Captée dans les galeries souterraines, l'eau de la nappe phréatique permit vers 1880, l'approvisionnement en eau des Catésiens
Transformés en lavoir vers 1850, ces sources alimentaient les brasseries . L'eau est en effet la matière première de la bière
Après le décès d'Auguste Seydoux, manufacturier textile et maire du Cateau, sa veuve finança les travaux d'adduction d'eau potable. Les habitants du Cateau, en majorité des travailleurs des usines lainières ou métallurgiques, puisaient enfin une eau non souillée.
La rivière fut aussi dès 1900, utilisée pour remplir le bassin des bains froids, la première piscine municipale. L'eau de la Selle avec quelques têtards, permettait aux Catésiens de nager et de se laver, la piscine était alors proche des fonderies...
C'est enfin la rivière qui fournissait les poissons pêchés par les ouvriers dont les faibles salaires ne pouvaient financer l'achat de viande en quantité suffisante.
Vers 1830, on envisagea de canaliser la Selle pour la transformer en voie d'eau navigable! Ce projet aurait permis aux péniches de rejoindre la Sambre, à Ors, depuis l'Escaut, à Denain. Aucune suite ne fut donné à ce projet.
Époque contemporaine
Depuis plusieurs années, la Selle fait l’objet d’importants travaux de restauration écologique et paysagère. Au Cateau-Cambrésis, les berges ont été réaménagées et végétalisées, notamment rue des Digues, afin de redonner à la rivière un aspect plus naturel et de favoriser les promenades au cœur de la ville.
Menées par le Syndicat Mixte du Bassin de la Selle en lien avec les associations locales, ces actions visent également à restaurer la continuité écologique du cours d’eau et à améliorer la qualité de l’eau. La Selle est aujourd’hui considérée comme un véritable réservoir biologique : ses eaux fraîches et oxygénées abritent encore une population remarquable de truites fario sauvages (Salmo trutta), espèce devenue rare dans le département du Nord.
L’association de pêche et de protection du milieu aquatique « La Truite Sulpicienne et Béninoise » joue un rôle essentiel dans cette préservation. Nettoyage des berges, suivi piscicole, protection des frayères, sensibilisation du public ou encore défense du « no-kill » ont permis de mieux protéger cette rivière fragile et son écosystème. Grâce à ces efforts conjoints, la Selle demeure aujourd’hui l’un des derniers cours d’eau du Nord où subsiste une population importante de truites fario sauvages.
La rivière, longtemps exploitée puis dégradée par les activités humaines, redevient peu à peu un élément identifié du patrimoine naturel et paysager catésien.
Archives du Cateau-Cambrésis

